Regarder quelqu’un dormir est une expérience particulière, mais vous êtes-vous déjà regardé dormir ? Difficile ! à moins que quelqu’un ne vous ait pris un jour en photo, et, qui sait cette image est peut-être sur Internet sans que vous le sachiez. Les attitudes corporelles sont souvent surprenantes ! Trépasse est la conjonction de récits et portraits de dormeurs collectés sur Internet, réinjectés dans une proposition dramaturgique plastique et théâtrale en espace public. Un voile levé sur ce que nous sommes durant le sommeil, un bâillement vers une expérience intérieure.
Déroulé de la réalité-fiction poétique ///////
Dans les rues d’un quartier tranquille, Les habitants ont reçu d’étranges cartes postales de Dormeurs avec des récits anonymes de rêves. Selon la presse locale et le Ministère des Affaires du Sommeil les commanditaires de cette action seraient des individus en situation irrégulière de bâillement en espace public atteint de somnolepsie contagieuse, une maladie virale du sommeil qui se transmet par simple bâillement. Les rumeurs vont bon train car les pistes s’embrouillent ! L’inhabituel s’installe alors progressivement pour trois jours à travers une réalité-fiction évolutive où la frontière entre sommeil et mort devient équivoque. Le premier jour au matin, un avis de recherches sur les « Bâilleurs » occupent les murs du quartier. Les Gardiens du Sommeil du Ministère viennent d’être envoyés afin de mener une curieuse enquête où “l’habitant-passant” est invité à découvrir l’espace informatif de prévention du Ministère. Le lendemain, dans sa marche quotidienne, le passant franchit « La ligne de quarantaine de Bâillement » tracée au sol, rencontrant de manière aléatoire dix « Dormeurs », corps emballés de tissu, endormis dans différents espaces ou mobiliers urbains... Les Gardiens veillent sur cette étrange exposition sous la conduite du « Passeur », collectionneur fétichiste, explorateur du sommeil qui veillent au bon déroulement de l’installation. Le troisième jour, en soirée, dans une scénographie mouvante de grandes caisses en bois, les « Dormeurs » sont rassemblés dans un lieu paisible où le « Passeur » témoigne de leurs récits s’interrogeant ainsi sur la double existence que mènent les vivants durant leur sommeil et l’étrange passerelle possible entre le sommeil et la mort. Un curieux inventaire théâtral où la vérité peut s’inverser d’un moment à l’autre dans lequel les « Dormeurs » après avoir été répertorié sont empaquetés minutieusement vers une prochaine destination.